Les avions stars d'Airports

La tétralogie Airport, c'est un peu comme "la belle et la bête". D'un côté, il y a la douce et jolie hôtesse de l'air, de l'autre, la titanesque et impressionnante machine à voler. Dans chacun des quatre films, les avions utilisés n'en sont pas moins des fleurons de l'aviation civile, ceux qui ont marqué des tournants dans l'histoire du transport aérien. Portrait de nos trois stars du cinéma.

BOEING 707 (AIRPORT)

Dans le premier volet de la série, tourné en 1969, l'appareil est un Boeing 707 aux couleurs de la compagnie Transglobal. Le 707, s'il n'est pas le premier avion à réaction (il s'agit en fait du De Haviland Comet, plus connu hélas pour ses quatre crash à la suite entre 1951 et 1953), a tout de même révolutionné le transport aérien à la fin des années 50 car ce fut le premier jet à haute densité capable de relier New York à Paris en huit heures. Quadriréacteur de 144 places en moyenne, ses premiers modèles étaient équipés de réacteurs à simple flux, faisant un bruit d'enfer au décollage (notez que le bruit émis par le 707 dans Airplane est un gag, un clin d'oeil aux moteurs bourdonnants des appareils de type DC-4 ou DC-6).



BOEING 747-100 (AIRPORT 1975 & AIRPORT'77)

Peu de gens savent que le succès commercial du 747 fait suite à un échec de sa version militaire pour l'US Air Force, version à l'origine du projet Boeing de construction d'un gros porteur. Lockheed ayant remporté le marché avec son C-5 Galaxy, il ne restait plus qu'à Boeing de tenter sa chance "dans le civil". C'est la compagnie Pan American World Airways (plus connue sous le nom Pan Am) qui sauve le constructeur américain en commandant une version passagers de l'avion. Baptisé Boeing 747, celui-ci vole pour la première fois en février 1969. L'aventure du Jumbo Jet peut dès lors commencer... Plus rapide, plus gros, plus économique, le "74" comme disent les Américains ne cessera de devancer ses concurrents que sont le DC-10 et le Lockheed 1011 Tristar.
Aujourd'hui, on apperçoit sur les tarmacs essentiellement des 747-200, -300 (dits Classics) et -400. La version 100, la première, se fait forcément plus rare puisqu'elle correspond à des appareils vieux de plus de vingt ans et à la technologie ancienne. Airport 1975 et Airport'77 mettent respectivement en scène un B747-100 et un B747-100 Private et on ne peut s'empêcher, en les regardant se mouvoir avec majesté dans le ciel (et dans l'eau), de trouver qu'ils sont de loin les vrais stars de la tétralogie.



AEROSPATIALE-BAC CONCORDE (AIRPORT 1979)

Le dernier volet de la tétralogie comporte une petite touche Frenchy, avec l'utilisation du plus bel oiseau jamais construit : le supersonique franco-britannique Concorde. Cet appareil a une histoire à la fois magnifique et tragique. Magnifique car il a été l'objet d'une coopération humaine et technique remarquable entre deux frères ennemis. Tragique aussi, de par son succès commercial très mitigé : son coût d'exploitation de luxe, ses difficultés dans les années 70 à être accepté par les Américains, la concurrence du Jumbo Jet et, forcément, le crash du vol 4590 en juillet 2000, autant d'éléments pouvant expliquer sa chute. Mais Concorde reste pour l'heure l'avion le plus mythique, et ce d'autant plus qu'il est resté technologiquement inégalé et expérimenté par un nombre restreint de voyageurs. La lady, comme disent nos confrères anglophones, est comme même assez mal traitée dans ce film, pour ne pas dire abusée, voire violée à la fin. Est-ce une façon de traiter une femme, me direz-vous ?